Avoir des amis et parfois les perdre aussi…

Si vous ne perdez pas d’amis, vous ne pouvez pas grandir…

Pensez-vous, comme le romancier et réalisateur français Eric-Emmanuel Schmitt que « la langue française se trompait en autorisant ‘amour’ avec ‘toujours, et qu’en revanche elle sonnait juste en mariant ‘amitié’ avec ‘éternité’. Et bien pour moi, l’amitié, telle une plante, a besoin d’écoute, d’attention, d’intérêt, de soutien, d’échanges, de contacts… Lorsqu’elle est là, il faut en profiter car elle n’est pas éternelle. Vouloir la faire perdurer est, à mon avis, une erreur lorsque les chemins prennent des directions différentes. Voici ma lettre de rupture à deux très bons amis. Et la réponse, éplorée, de l’un deux.

 

amies
amies

J’ai perdu deux amis en 2017…

… mais ai renoué avec mes amours d’enfance,
des madeleines appétentes aux bonheurs indicibles :
la lecture, l’écriture, la musique et les chats.
J’ai perdu des êtres que je croyais fidèles.

Le premier a dérogé à des valeurs chères à mon cœur
telles que l’altruisme ou encore la loyauté
qui auraient soulagé ma peine dans les épreuves
que j’ai traversées, je ne l’en blâme pas mais
nos âmes, inégales, ne communient plus.

L’amitié, une fois lésée, reprend rarement
son premier abandon. Malheureusement.

 

Et je t’ai perdu toi mon Petit Paysan.

A trop cultiver ton champ, le temps à l’évidence te manque
pour entretenir la vivacité de notre estime mutuelle.
Je ne t’incrimine pas non plus, je te respecte trop
mais ne peux plus m’accommoder de te solliciter.
Partagée par deux corps, l’amitié est une âme qui
ne peut souffrir d’abandon.

La réponse de l’ami perdu…

Tes mots sont justes, délicats, bienveillants et réalistes.
Le rêve du Paysan, celui de construire un petit monde équilibré et convivial dans le tumulte du monde moderne, est un chemin de croix.
Je ne suis plus capable de prendre du temps. Je ne fais que répondre aux urgences et aux obligations. Prisonnier de ma logique, je néglige souvent l’essentiel.
Je néglige la lecture, la musique, le jardinage, le vélo, l’écriture, l’art, le cinéma…
Je me néglige, tout comme je néglige quelques personnes qui j’aimerais ne pas négliger, alors même que beaucoup des ami(e)s m’ennuient.
Je ne sais pas quoi te dire sinon que tu as sûrement raison de ne plus rien attendre de moi. Je cultive très mal notre relation.
Et pourtant tu es mon amie. Tu es la seule à comprendre qui je suis vraiment. Je suis désolé de te laisser penser le contraire. Et je ne veux pas te perdre. Je ne veux pas être l’ami perdu de 2017.

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